Extrait

Extrait des morsures de l'âme

Voilà un petit extrait des morsures de l'âme !


 

Josh commençait à aménager son nouveau local. Il était occupé à faire quelque rangement dans ses dossiers quand une sonnerie très légère se fit entendre. Quelqu’un venait d’entrer. La haute silhouette d’Elliot apparut sur le seuil de la porte. Le jeune homme fut surpris de le voir.

- Que se passe-t-il ? S’étonna-t-il en se redressant.

Le rancher retira son Stetson et le posa sur le bureau.

- J’aimerais te dire que j’étais de passage, mais Travis a insisté pour que je vienne voir comment tu étais installé, avoua-t-il sans dissimuler l’embarras que lui causait cette simple démarche.

Josh était sur le point de répondre quand une voix masculine provenant de la pièce voisine se fit entendre.

- Faudrait changer cette sonnette ! Je sais que cet endroit était un magasin mais ça…

Un homme, qui devait avoisiner les deux mètres, fit irruption dans la pièce. Il ne finit pas sa phrase, interrompu par la présence d’Elliot.

- Oups ! Désolé ! Fit-il, je pensais que c’était le livreur de pizza.

Un léger sourire vint éclaircir le visage du jeune Mac Callaghan.

- Quoi ! J’ai faim ! Se justifia son ami d’un air faussement offensé.

Il se dirigea vers le rancher et lui tendit une main amicale.

- Vous devez être le père de Josh, supposa-t-il, David Cole ! J’ai beaucoup entendu parler de vous.

- En bien, j’espère !

- Mary ne tarit pas d’éloges à votre sujet, avoua le jeune employé plutôt bavard, elle dit que vous êtes un redoutable adversaire dans les finances. Elle m’a même parlé de votre grande victoire lors de votre dernier rodéo à Dallas. Impressionnant !

- Merci !

David jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de son interlocuteur.

- Oh, le voilà ! Fit-il en voyant le livreur de pizza se garer devant le local, excusez-moi, j’en ai pas pour longtemps.

Il attrapa sa veste pour y prendre son portefeuille puis rejoignit le coursier à l’extérieur. De son côté, Elliot était un peu confus après les petites révélations de David. Ainsi, il arrivait à Mary de parler de lui ! Pensa-t-il, plutôt content de cette nouvelle. Il aurait aimé en savoir plus mais sa curiosité pouvait gêner son fils. D’ailleurs, Josh semblait peu enclin à aborder le sujet avec lui.

- Ton employé est sympathique, remarqua enfin Elliot en prenant place dans un fauteuil. S’ils sont tous aussi familiers avec toi, je me demande à quel moment tu arrives à leur faire comprendre qui commande.

Josh ne leva même pas le nez de ses dossiers pour lui répondre.

- Y a-t-il quelque chose que je puisse faire sans avoir la moindre remontrance de ta part ? Laissa-t-il entendre avec un sourire forcé au coin des lèvres.

Il avait parlé très calmement, mais on pouvait déceler une pointe d’agacement dans sa voix.

- David est mon beau-frère, continua le jeune homme en se redressant, il est également mon meilleur ami, peut-être plus encore…le grand frère que je n’ai pas.

Il défia le rancher de son regard vert, attendant une réplique cinglante de sa part.

- Tu en as déjà un, rectifia celui-ci en fronçant les sourcils.

- On ne doit pas avoir la même conception du mot « frère », remarqua Josh, mais ça n’a aucune importance ! Je ne vais pas entrer dans ce genre de débat.

Elliot demeura silencieux un court instant. Il ne pouvait pas donner son propre avis sur le sujet au risque de dévoiler la vérité à son fils.

- Pour moi les liens du sang sont importants, se décida-t-il à dire, mais libre à toi de penser différemment !

Au même moment, David rentra dans le local, sa boîte de pizza dans les mains. Une odeur de champignons cuits s’échappait du carton fumant.

- Nom d’un chien ! J’adore ce parfum ! Avoua-t-il en ouvrant le couvercle.

Il huma l'arôme de son déjeuner avec un plaisir indéniable, prêt à engloutir la première part. La sonnerie du téléphone le stoppa dans son élan.

- A peine installé et déjà des appels ! Lâcha-t-il, je sens que je ne vais pas chômer.

Les cheveux noirs mi-longs, David n’avait rien du petit bureaucrate ordinaire. Il ressemblait bien aux bûcherons avec sa mâchoire carrée, un visage endurci par de longues expositions au rude climat du Canada. Et pourtant, malgré sa haute corpulence musclée, ses airs de mauvais garçon mal rasé, il avait une certaine douceur dans le regard.

Elliot ne voulait pas s’attarder plus longtemps. Il se dressa sur ses jambes et attrapa son chapeau.

- Je crois que Travis sera ravi d’apprendre que ça avance bien de ton côté, fit-il en jetant un rapide coup d’œil autour de lui.

Il salua David d’un petit coup de tête puis se dirigea vers la porte. Ce ne fut qu’au moment de sortir qu’il se décida à se retourner.

- Dis-moi ! Que pense ta mère de ce petit compromis ?

Josh releva la tête vers lui, le regard étonné. Quoi qu’il ait eu envie de dire, le mot resta bloqué dans sa gorge. Il grimaça légèrement comme un gamin pris en faute.

- Tu ne lui en as pas parlé ?

- Et bien!…Elle est partie pour Paris le jour où Travis a eu son malaise. Je préfère attendre qu’elle revienne pour le lui annoncer de vive voix.

Que faisait Mary à Paris ? Et avec qui ? Se demandait le rancher soudainement rongé par la jalousie. Les questions lui brûlaient les lèvres mais par orgueil, il coupa court à la conversation en ouvrant la porte.

- C’est toi qui vois ! Finit-il par dire comme si cela lui était égal.

Toujours avec un air détaché, il s’éloigna à grandes enjambées.

 

 

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Date de dernière mise à jour : Mar 03 Avr 2012

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